« Cette exposition explore les triomphes hédonistes de ceux qui se reconnaissent comme victorieux dans le miroir du cours de l’histoire. Leur accession au plaisir dépend de leur projection de douleur sur le vaincu, ou l’expression courante du plaisir que l’on tire du malheur des autres. Alors que les vainqueurs font étalage de leur arrogance et remportent leurs trophées, les perdants sont considérés comme insignifiants et marginalisés. L’exposition VICTORY raconte la victoire d’un homme sur un autre, à quoi ressemble cette victoire, et les effets qu’elle exerce sur les perdants ».

Cleon Peterson

« Il n’existe pas de témoignage de civilisation qui ne soit pas en même temps un témoignage de barbarie ».

Walter Benjamin

Pour sa première exposition personnelle en France, Cleon Peterson présente à la galerie du jour agnès b. l’exposition VICTORY. Cette nouvelle série de toiles, oeuvres sur bois et sculptures inédites plongent le visiteur dans l’univers oppressant de l’artiste, « ce monde noir que chacun de nous porte en soi ». Le travail de Cleon Peterson souligne une nouvelle réalité, celle d’un monde où l’humanité et ses valeurs sont malmenées par le chaos et l’idéologie guerrière. Compassion et empathie paraissent être de lointains souvenirs dans une société où l’idée de l’autre comme étranger s’installe. Au centre de cette machine destructrice se cacherait une impulsion moteur, celle d’imposer au monde un seul et même idéal. Chorégraphie en noir et blanc du corps dans l’affrontement, cauchemar, violence physique et mentale : Cleon Peterson n’offre aucun échappatoire dans un monde en crise et délitement.

Né en 1973, Cleon Peterson grandit à Seattle. Gravement asthmatique, il se plonge dans le dessin lors de ses longues hospitalisations puis traine dans la rue avec son frère, le photographe Leigh Ledare. Enfants terribles, ils sont surnommés « Les Rats de l’Avenue ». Dans les années 90, une jeunesse mouvementée passée entre N.Y.C et la Côte Ouest en a fait le témoin du désordre humain qu’il dépeint aujourd’hui, un fantasme graphique épuré poussant au paroxysme la tension qui se joue au quotidien dans les territoires de pauvreté et de violence urbaine. « Je peins une réalité que tout le monde n’a pas forcément vécue mais qui existe, qui fait partie de notre monde. Il y a un genre de vie primaire qui va de pair avec cette misère ».

Il obtient sa première exposition personnelle à Los Angeles en 2009 et ne cesse de multiplier les projets depuis. Après la réalisation d’une fresque de 50 mètres au Palais de Tokyo en 2014, c’est pour le parcours de Nuit Blanche 2016 qu’il est invité par Jean de Loisy à réaliser une peinture monumentale de 700m2 sur le parvis de la Tour Eiffel..

À l’occasion de cette exposition, une sérigraphie signée et numérotée sera éditée en 100 exemplaires, disponible exclusivement à la galerie du jour agnès b.

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Crédit photo: ©Rebecca Fanuele