harmony korine à la galerie du jour

«Se souvenant d’une discussion que nous avions eue il y a une vingtaine d’années au sujet de Jacques Henri Lartigue, agnès b. décide aujourd’hui d’accueillir une exposition qui propose une nouvelle lecture de l’œuvre de ce photographe qu’elle aime tant ».
Martine d’Astier, commissaire de l’exposition

CHRONOLOGIE


1894
Jacques Lartigue naît à Courbevoie, le 13 juin. Sa famille, fortunée, forme un milieu harmonieux, à l’esprit curieux et inventif. Son frère aîné, Maurice, surnommé Zissou, futur compagnon de ses jeux, est né en 1890.

1900
Effectue ses premiers essais en photographie avec l’aide de son père. Il commence à noter ses réflexions, ses impressions quotidiennes sur de petits morceaux de papier qui peu à peu constitueront son journal, poursuivi jusqu’à sa mort.

1904
Grâce à des appareils de plus en plus perfectionnés, il saisit d’étonnants instantanés, réalise des images en relief et découvre la possibilité de faire des surimpressions de « fantômes ».

1905
Henri Lartigue achète le château de Rouzat dans le Puy-de-Dôme qui deviendra le théâtre de toutes les inventions, performances et jeux des frères Lartigue, de leurs cousins et amis.

1910
Il commence à photographier les belles élégantes qui, à heures régulières, défilent pour faire admirer leurs nouvelles toilettes le long des avenues du Bois-de-Boulogne à Paris et au Champ de courses à Auteuil.

1911
Agacé par tous ceux qui prétendent qu’il fait toujours mauvais, Jacques Lartigue décide de noter le temps qu’il fait chaque jour sur un petit agenda. Il vend pour la première fois un cliché d’acrobatie aérienne au journal «La Vie au grand air». Il réalise un premier film à l’aide d’une caméra offerte par son père.

1914-1918
Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Jacques Lartigue est ajourné pour raison de santélors du conseil de révision. Il suit quelques cours à l’Académie Jullian pour étudier la peinture qui restera son activité principale. En 1916, il met sa voiture de course au service des médecins militaires de Paris. Le 1er novembre de cette même année, il effectue son baptême de l’air à bord du « zinc» de son ami et pilote Jean Dary.

1919-1921
Il épouse la fille du compositeur André Messager, Madeleine, rencontrée en 1917 et surnommée “Bibi”. Voyage de noces à Chamonix. Avec Bibi, il effectue au volant de l’Hispano-Suiza récemment acquise par son père, de nombreux voyages à travers la France. A cette époque, il réalise ses plus belles plaques autochromes dans le parc du Château de la Garoupe près d’Antibes. Le 23 août 1921, naissance de leur fils Dani.

1922
Première exposition de peintures à Paris, dans la galerie Georges Petit où Claude Monet est exposé. Il fait la rencontre de Kees Van Dongen, de Maurice Chevalier et d’Abel Gance. Le couple noue une amitié suivie avec le couple Sacha Guitry et Yvonne Printemps, amitié qui durera jusqu’en 1928.

1923
Son père, ayant eu des revers de fortune, vend le château de Rouzat. Jacques trouve un emploi mais, trop attaché à sa liberté, il démissionne au bout de trois jours.

1930
Jacques Lartigue rencontre Renée Perle, mannequin, qui sera sa compagne et son modèle pendant deux ans.

1931
Le divorce de Jacques Lartigue et de Madeleine Messager est prononcé.

1934
Il épouse Marcelle Paolucci, surnommée Coco.

1935-1939
La peinture est pour lui une nécessité pour gagner sa vie. Il commence d’ailleurs à se faire une certaine réputation dans le domaine. Comme Van Dongen et Picabia, il se lance dans la décoration de salles de gala, expose avec succès des portraits de ses amis illustres.

1939-1945
Le 3 septembre, la France entre en guerre contre l’Allemagne. Il rejoint la Côte d’Azur où se sont réfugiées de nombreuses personnalités du cinéma et du théâtre. Séparé de sa femme Coco, il se promet de rester célibataire mais rencontre Florette Orméa qui deviendra en 1945 sa troisième et dernière femme.

1951-1953
La guerre achevée, le couple désargenté vit difficilement, mais continue à être reçu chez leurs amis plus fortunés, comme Carven ou André Dubonnet. C’est chez ce dernier qu’il rencontre, en 1953, le jeune sénateur John F. Kennedy. Mort de ses deux parents.

1954
Jacques Lartigue est nommé vice-président de l’association de photographes, «Gens d’Images »,créée cette année-là. Certains de ses clichés paraissent dans les premiers numéros de Point de vue et Images du monde.

1955
Ses portraits photographiques de Pablo Picasso et Jean Cocteau à Vallauris font le tour du monde. Il participe à une exposition de « Gens d’Images » à la galerie d’Orsay à Paris avec Brassaï, Doisneau, Willy Ronis et Man Ray. Rencontre l’éditeur Robert Delpire qui soutiendra son œuvre fidèlement.

1957
Voyage à Cuba. Il est contraint de laisser ses toiles sur place en raison de la guérilla entreprise par Fidel Castro. Le couple poursuit son voyage vers le Mexique et la Nouvelle-Orléans.

1960
Acquisition et installation d’une petite maison parmi les fleurs à Opio, près de Grasse.

1962
Lors d’une halte à New York, il rencontre, par l’intermédiaire de Charles Rado de l’agence Rapho, le jeune directeur du Département des photographies du Museum of Modern Art de New York, John Sarkowski, qui s’enthousiasme pour son œuvre et programme aussitôt une exposition dans son musée.

1963
Exposition au Museum of Modern Art de New York: «The Photographs of Jacques Henri Lartigue». En novembre, parution d’un article de dix pages consacré à son œuvre, dans le même numéro de Life où apparaît le reportage sur l’assassinat à Dallas du président des Etats-Unis, John F. Kennedy. C’est à partir de cette date qu’il ajoute le prénom de son père au sien et se fait désormais appeler Jacques Henri Lartigue.

1966
Nouveau voyage à New York où il rencontre le photographe Richard Avedon et son assistant Hiro. La publication de L’Album de famille et son édition internationale font connaître l’œuvre de Jacques Henri Lartigue dans le monde entier.

1970
Publication de « Diary of a Century », ouvrage de Lartigue conçu par Richard Avedon, qui paraîtra en français en 1973 sous le titre « Instants de ma vie ».

1974
Le Président de la République française, Valéry Giscard d’Estaing, à peine nommé, demande à Jacques Henri Lartigue de réaliser la photographie officielle de son septennat.

1975
L’exposition « Lartigue 8×80», préparée par Robert Delpire et présentée au musée des Arts décoratifs de Paris, constitue la première rétrospective française de son œuvre. Parution du premier tome de ses mémoires.

1976
Exposition au Seibu Art Museum de Tokyo.

1979
Jacques Henri Lartigue signe l’acte de donation à l’Etat français de l’ensemble de son œuvre photographique (négatifs et albums originaux).

1980
Une exposition réalisée par « L’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue » dans le cadre de l’Année du patrimoine accueille la donation dans les Galeries nationales du Grand Palais à Paris. Intitulée «Bonjour Monsieur Lartigue», elle reçoit 35.000 visiteurs en un mois et, depuis, a circulé dans le monde entier.

1981
Ouverture d’une salle d’exposition permanente au Grand Palais.

1984
Les expositions se multiplient : «Pages d’albums », au Grand Palais, Londres, à la galerie Olympus de Londres, «Le Passé Composé, les 6×13 de Jacques Henri Lartigue» au musée Réattu d’Arles, à l’occasion des Rencontres internationales de la photographie où Lartigue est fêté par ses pairs puis au Museum of Modern Art deux ans plus tard.

1986
Au Grand Palais, une exposition est consacrée aux vues stéréoscopiques sous le titre « Le Troisième œil de Jacques Henri Lartigue ». 12 septembre : mort de Jacques Henri Lartigue à Nice, à l’âge de 92 ans.