J O N A S M E K A S
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De façon imprévue, tels quont pu lêtre les moments-clé de ma vie, jai eu la chance de pouvoir passer plusieurs étés en compagnie de Jackie Kennedy, de sa soeur Lee Radziwill, leur famille et leurs enfants, à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. Le cinéma constituait une part intégrale, inséparable et à vrai dire un élément-clé de notre amitié. A cette époque, la mort tragique et prématurée de John F. Kennedy était encore très proche. Jackie voulait donner à ses enfants quelque chose à faire afin dadoucir la transition - celle dune vie sans leur père. Elle pensait quune caméra pourrait amuser les enfants. Peter Beard, qui exerçait alors la fonction de tuteur de John Jr. et de Caroline pour leur enseigner lhistoire de lart, suggéra à Jackie que jétais lhomme quil lui fallait pour initier les enfants au cinéma. Jackie accepta. Et cest ainsi que tout a commencé. Je leur achetai une caméra 16 mm très facile à utiliser, et jécrivis un mini guide contenant quelques exercices simples pour apprendre à filmer. Voici un extrait de la lettre que Jackie menvoya quelques semaines plus tard : Vous ne pouvez imaginer le bonheur que vous avez apporté à mes enfants - et à moi-même - un monde entièrement nouveau sest ouvert à nous. Il aurait été suffisant de ne voir que vos films, mais que vous nous ayez donné cette caméra magique (je minclus dans le nous car je suis tout aussi exaltée queux par la chose, si ce nest plus)... Je naurais jamais cru quune caméra puisse faire de telles choses - zoom avant et arrière, accélérés et ralentis - en étant si facile à tenir dune main. Nous avons utilisé deux bobines en suivant vos instructions. Avec le temps, Jackie put voir mes propres films et dautres films davant-garde. Elle aima particulièrement Walden : Diaries, Notes and Sketches, et elle choisit de montrer Reminiscences of a Journey to Lithuania à son entourage le jour de la Fête des mères. Les images de cette exposition proviennent toutes, à quelques exceptions près, des étés que Caroline et John Jr. ont passé à Montauk, en compagnie de leurs cousins Anthony et de Tina Radziwill, dans une maison que Lee avait loué à Andy Warhol pendant quelques étés. Andy passa lui-même quelques week-ends là-bas, dans lun des cottages, de même que Peter Beard, que les enfants avaient adopté comme le grand-frère ou le père qui leur manquait. Ce furent des étés de bonheur, de joie et une continuelle célébration de la vie et de lamitié. Ces journées furent des Petits Fragments de Paradis. Jonas Mekas |
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....Jacques Henri Lartigue avait commencé à photographier sa vie à 9 ans, son père lui ayant offert son premier appareil alors quil était tombé malade - malade de voir le temps passer, ce quil avait fini par dire à son père. Jonas Mekas très tôt lui aussi a fixé sa propre vie sur pellicule, armé en permanence de sa chère Bolex. Lyrique, aimant, passionné, euphorique cest avec la légèreté dun elfe quil se place au coeur de la scène dont il est, bien sûr, acteur et témoin et les images de ses films, de ses stills, essentielles au sens propre, me semblaient proches de celles que la mémoire fixée en chacun de nous en films mentaux, comme les rêves, this side of paradise. MEMORY nest -il pas le mot que Jonas prononce le plus, dun ton joyeux, roulant le R. à plaisir ? on est vivant A cette occasion, un catalogue sera publié. |